Blogs

Le Dernier Homme, au Théâtre du Chêne Noir

Au commencement de l’Europe, les hommes se sont rassemblés dans des théâtres pour entendre des mots qui résonnent encore. Le Dernier Homme est à l’autre bout de l’Histoire, 2300 et quelques... Une malédiction divine l’a rendu immortel. Tous les vivants ont disparu, ses enfants sont morts de vieillesse. Il est au-delà de la peur puisqu’il n’y a plus d’enjeu. Il ne nous voit pas, mais nous, nous le voyons dans cette poussière grise devenue familière depuis le 11 septembre , la Syrie, la Palestine. Comme si la fin de l’Occident devait ressembler à un feu géant de pneus, palettes et autres déchets non recyclables, entretenu par une dernière bande de nomades apatrides. Le Dernier Homme nous parle de ce que nous ne voulons pas voir : l’Effondrement. Une perspective pourtant probable, à l’horizon de quelques décennies, annoncé par toutes ces courbes exponentielles qui prennent leur élan à la fin des années 60… Julien Gelas lui donne un visage, une voix, des mots, qui nous parlent et qui nous accusent, puisque, tout de même, nous savons tout et nous laissons faire, gavés au diesel, aussi stupides que ces dindes d’élevage, nourries à l’œil et heureuses de leur sort jusqu’au 24 Décembre… Le Dernier Homme est une représentation théâtrale qui nous dit des choses essentielles. Ca se joue au Théâtre du Chêne Noir, à 14.45 sauf le lundi, jusqu’au 29 Juillet. Ecrit et mis en scène par Julien Gelas, avec Paul Camus. Ne le ratez pas.